Opacité des contrats publicitaires: où sont les organes de contrôle face aux pratiques du ministère de l’Aménagement du Territoire?

Alors que le Maroc s’engage officiellement à renforcer la transparence et la bonne gouvernance, un dossier sensible refait surface : celui des contrats publicitaires – et non publicitaires – conclus par le ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville.

Depuis plusieurs années, une même agence, réputée proche de cercles influents au sein du ministère, semble bénéficier d’un accès privilégié à ces marchés. Cette concentration interpelle, d’autant plus que les montants engagés sont importants et que la concurrence paraît réduite à sa plus simple expression. Dans un État de droit, de telles situations devraient attirer l’attention immédiate des organes de contrôle, qu’il s’agisse des inspections internes du ministère ou du Conseil Supérieur des Comptes.

La loi marocaine impose des appels d’offres clairs et équitables, garantissant l’égalité des chances entre les prestataires. Mais l’absence d’informations publiques détaillées – montants, critères de sélection, durée des contrats – crée un vide propice à la suspicion. La gestion des deniers publics ne saurait être enfermée dans un cercle fermé d’acteurs privilégiés au détriment de la transparence et de l’intérêt général.

Les campagnes publicitaires du ministère, financées par l’argent du contribuable, ne peuvent pas être réduites à de simples transactions opaques. Elles doivent répondre à un objectif clair : informer, sensibiliser et servir le citoyen. Toute autre utilisation s’apparente à une dérive qui mine la crédibilité des institutions et la confiance des Marocains dans leurs représentants.

Face à cela, une question s’impose : où sont les audits ? Où sont les rapports détaillés du Conseil Supérieur des Comptes ? Pourquoi les mécanismes de contrôle restent-ils silencieux alors que la transparence devrait être la règle, et non l’exception ?

À l’heure où le Maroc aspire à une gouvernance exemplaire, il est impératif que la lumière soit faite sur ces marchés. Publier les détails des contrats, élargir la concurrence et soumettre ces dépenses à un contrôle rigoureux constituerait un signal fort : celui d’une administration qui respecte le contribuable et défend véritablement l’argent public.


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