Médecine au Maroc: deux affaires, une seule exigence de transparence

La réaction des autorités face aux soupçons de fuite ayant entouré les concours d’accès aux facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire à Rabat a été immédiate. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a saisi la justice, le parquet a ouvert une enquête et la Brigade nationale de la police judiciaire a été chargée des investigations.

Une réponse rapide, ferme et conforme aux exigences d’un État de droit. Car lorsqu’un doute sérieux pèse sur l’égalité des chances dans un concours public, seule une enquête indépendante permet de protéger à la fois les institutions et les candidats.

Depuis plusieurs semaines, une autre affaire alimente les débats dans les milieux hospitalo-universitaires. Il s’agit des informations publiées par plusieurs médias, notamment Assabah, évoquant des soupçons d’irrégularités lors du concours de recrutement de professeurs assistants en anesthésie-réanimation au sein d’un centre hospitalier universitaire de Casablanca.

À ce stade, il convient de rappeler un principe fondamental : ces informations relèvent d’allégations rapportées par la presse et ne constituent pas des faits judiciairement établis. Aucune conclusion ne peut être tirée avant l’éventuelle intervention des autorités compétentes.

Toutefois, la question dépasse le seul contenu des articles de presse.

Si des soupçons concernant l’accès en première année de médecine justifient l’ouverture d’une enquête, pourquoi les interrogations entourant un concours destiné à recruter ceux qui formeront les futurs médecins ne susciteraient-elles pas le même niveau d’attention institutionnelle ?

Les professeurs hospitalo-universitaires occupent une position stratégique dans le système de santé. Ils assurent simultanément les soins, la formation des étudiants, la recherche scientifique et l’encadrement des futurs spécialistes. Toute suspicion affectant les procédures de leur recrutement dépasse le cadre administratif : elle touche directement à la crédibilité de l’enseignement médical et à la confiance dans les mécanismes de mérite.

Il ne s’agit évidemment ni de condamner des personnes, ni de transformer des soupçons en certitudes. Le respect de la présomption d’innocence demeure une exigence absolue.

Le principe d’égalité devant la loi impose une cohérence dans la réponse des pouvoirs publics. Les mêmes critères qui justifient l’ouverture d’investigations dans une affaire devraient pouvoir s’appliquer à toute autre situation présentant des interrogations comparables, dès lors que des éléments suffisamment sérieux sont portés à la connaissance des autorités.

La véritable question n’est pas de savoir si telle ou telle affaire est plus grave qu’une autre.

La question est celle de la cohérence de l’action publique.

Dans un contexte où les citoyens attendent davantage de transparence et d’exemplarité des institutions, la confiance ne se construit pas par le silence, mais par la vérification des faits. Lorsqu’une suspicion existe, seule une enquête impartiale permet soit de confirmer d’éventuelles irrégularités, soit de blanchir définitivement les personnes concernées.

La transparence n’affaiblit jamais les institutions.

Elle les renforce.


شارك بتعليقك

شاهد أيضا
اشتراك في القائمة البريدية
   

إشترك بالقائمة البريدية لكواليس اليوم لتتوصل بكل الجديد عبر البريد الإلكتروني