Déclaration présentée par la High Atlas Foundation auprès du Conseil économique et social des Nations Unies

Par Yossef Ben-Meir

Le renforcement des moyens par lesquels les pays peuvent réaliser intégralement le projet mondial du développement durable est un objectif essentiel du développement durable. Existe-t-il une méthodologie ayant fait ses preuves que les pays puissent envisager et adopter à c et égard, puisque les défis et les opportunités qui s’offrent à elles sont aussi variés que l’humanité elle-même?

Nous proposons quatre facteurs spécifiques applicables dans ce cas:
D’abord, notre expérience sur des décennies d’évaluations du développement de projets au niveau mondial nous a appris que la participation des individus, de la conception j usqu’à l’évaluation, est le meilleur moyen de déter miner si la durabilité sera assurée. Afin de promouvoir la participation effective de la communauté, un syst ème admi nistratif décentralisé per met aux populations locales de prendre des décisions et d’assumer la responsabilité de mettre en œuvre le changement social qu’elles souhaitent.

Une deuxième mesure nécessaire au niveau national est le renforc ement des capacités des parties prenantes afin de proposer des projets per mettant d’atteindre les objectifs de développement. Plus précisément, les organisateurs de réunions et de rencontres de proxi mité ont un rôle essentiel à jouer afin de favoriser la participation. Des ani mateurs qualifiés per mettent de s’assurer que tous les avis sont représentés et pris en compte. Ils sont en outre conscients des relations de pouvoir préexistantes et savent comment gérer la question de manière à orienter un processus de développement à la fois large et juste.

Troisièmement, il serait int éressant que les mesures visant à une mise en œuvre durable soient décrites en ter mes tenant compte des différences culturelles. Par exemple, en ce qui concerne l’Islam, la choura est un concept qui indique l’idée de participation et de consultation; oumma indique l’intégration de l’ensemble des individus et des groupes ayant droit à des solidarités et une partie de l’humanité dans son ensemble (décentralisation); la baya dans la tradition islamique est un concept qui tient les dirigeants pour responsables; et la société tawhidi est le concept qui reconnaît l’indivisibilité de l’humanité. Expliquer la participation et la décentralisation d’après les concepts islamiques, plutôt que d’a près les concepts occidentaux per mettrait aux musul mans de voir que leur propre point de vue et leurs valeurs sont pleinement pris en compte dans les différentes étapes nécessaires pour mettre en œuvre les objectifs et qu’ils en font partie.

Enfin, l’élaboration de la politique entreprise par les nations en vue d’atteindre les objectifs, sera d’autant plus durable et appropriée que les processus participatifs locaux seront exposés et que la lumière sera naturellement faite sur les opportunités stratégi ques favorisant le développement durable. Dans un sens la participation des individus teste le système social. De cette façon, par exemple, les restrictions à la croissance de la société civile sont clarifiées et le rôle nécessaire que pourraient jouer les organismes publics afin de mener à bien des projets déter minés par les communautés locales, peut être défini plus en détail. En somme, le développement des politiques le plus efficace résulte des leçons tirées de l’expérience de la participation communaut aire au développement.

Sociologue américain, le Dr Yossef Ben-Meir est le président de la Fondation du Haut Atlas, une association maroco-américaine qui se consacre au développement humain participatif.


شارك بتعليقك

شاهد أيضا
اشتراك في القائمة البريدية
   

إشترك بالقائمة البريدية لكواليس اليوم لتتوصل بكل الجديد عبر البريد الإلكتروني