Lhoussain Boukharta
En 2001, J’ai préparé un dossier de sept pages sur le rôle de la province ou préfecture dans l’arsenal institutionnel de l’Etat marocain. Cette préparation, qui n’a pas fait l’objet de publication, a eu lieu après une année et quelques mois succédant l’intronisation de SM le Roi Mohammed VI. Il s’agit de l’ère du nouveau règne ayant été caractérisé par l’événement historique de la consolidation des acquis politiques dont principalement la consolidation royale du gouvernement de la transition vers la démocratie.
Le nouveau concept d’autorité tel qu’il a été exposé par le souverain dans son discours en 1999, m’a mis dans l’obligation de réfléchir sur le rôle que pourrait jouer une province ou préfecture particulièrement en matière d’aménagement du territoire et de développement local dans une nouvelle conception de la déconcentration. Je me suis penché sur ce sujet et sa rédaction sans tenir compte des conséquences probables. Ma seule ambition à l’époque n’était que d’élaborer un document à contenu sensible dans une phase politique sensible, un document exprimant mon engagement à appuyer le gouvernement Youssoufi. Mon unique souhait n’était autre que produire un écrit témoignant qu’un politicien militant dans un parti de l’opposition pourrait exprimer et proposer ses opinions politiques librement même s’il est fonctionnaire auprès du Ministère de l’Intérieur.
Ce n’était pas garanti à l’avance à l’époque. Malgré la réticence dont j’étais victime à cause des pressions de mon encourage (amis (es) et collègues) par peur des réactions de l’institution ou j’exercice mes fonction d’Ingénieur (province de Sidi Kacem), j’ai pris la décision d’envoyer ce document au premier ministre Abderrahmane El Youssoufi et au ministre de l’Intérieur. Par cette décision, courageuse aux yeux de mon entourage, j’ai pu relever le défi de m’attacher à ma préoccupation majeure qui n’était autre que de voire mon pays entrain de transiter effectivement des étapes concrètes dans le processus de la démocratisation.
Le titre de la réflexion a été « Vers une nouvelle vision du rôle de la province ou de la préfecture en tant que pouvoir déconcentré en matière d’aménagement du territoire et développement locale ». Après presque 15 ans, nous séparant des élections de 2002, j’ai décidé de publier ce texte dans les jours qui viennent après reformulation de son titre pour devenir « La province ou préfecture dans la nouvelle conception de la déconcentration constitutionnelle au Maroc». Effectivement, cette attente, longue qu’elle soit, a été toujours imprégnée d’espoir d’atteindre un jour un niveau de démocratisation de notre pays dont la qualité des évolutions institutionnelles et constitutionnelles me donneraient raison.
Evidemment, l’honorable militant (Youssoufi), à qui j’ai adressé ma réflexion, n’a pas beaucoup tardé à réagir. Après avoir confirmé la réception de mon document, il m’a félicité aussi bien pour mon esprit civique qui a m’a amené à réfléchir, en tant qu’homme de terrain, sur les moyens pratiques de favoriser l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens que pour la qualité et la pertinence des conclusions auxquelles je suis parvenu.
Par ailleurs, J’ai attendu des années aussi pour être face à une déclaration de la part d’un homme que je respecte me disant : «…. Vous êtes et vous seriez toujours victimes de méfiance politique dans le processus de réforme de l’Etat marocain. Surement Votre parti vous considère un homme du ministère de l’Intérieur et ce dernier vous considère un militant de l’USFP ». Vraiment, il m’a beaucoup touché par cette hypothèse, et avec un sang froid, j’ai répondu : « L’USFP et le ministère de l’Intérieur sont deux grandes écoles de l’histoire politique marocaine et je suis fier d’y appartenir sans regret ».
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